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Pour les petits Unionais, enfants de la ville de L'Union 31240. Association Vélo pour améliorer les pistes cyclables. Petites randonnées en poussette, en vélo, ou à pied. Pour une cantine scolaire de qualité, privilégiant les produits locaux, de saison et bio.

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Charte d'approvisionnements pour la cantine

J'ai rencontré Monsieur Beyney, maire de l'Union, et Madame Maurin, adjointe au maire, le 26 juin 2008. Ce fut l'occasion d'aborder le sujet du cahier des charges des approvisionnements de la cantine scolaire, actuellement en cours de renouvellement. Je leur ai laissé les documents suivants:
- La charte d'approvisionnements ci-dessous
- Le guide des "cantines de qualité" de l'Agence Régionale Pour l'Environnement
- L'exemple d'une "cantine de terroir" à Pamiers

Charte d'approvisionnement de la cantine:
"Respect de la santé et de l'environnement"

 

 

Le cahier des charges des approvisionnements de la cantine de l'Union est en cours de renouvellement. Il sera finalisé en septembre 2008 et sera appliqué durant les 2 à 3 prochaines années. Devant ce délai très court, les parents d'élèves n'ont pas le temps de réaliser des sondages et des études plus poussées, mais ils se réunissent pour proposer cette charte d'approvisionnement qui peut se résumer ainsi:

-         Respect de la santé: suivre les préconisations du Programme National Nutrition-Santé

-         Respect de l'environnement: des produits LOCAUX et DE SAISON, si possible BIO

Il serait souhaitable que le prochain cahier des charges ne soit valable que pour 1 an, afin de laisser le temps d'organiser le projet avec plus de concertation.

 

1. Contexte: Allons dans le sens de l'histoire !

1.1. L'Etat pousse à l'utilisation de produits bio en restauration collective

Une circulaire du 2 mai 2008 du Premier ministre, parue au Journal Officiel le 21 mai, encourage la consommation de produits issus de l'agriculture biologique. Elle incite les services de restauration à utiliser régulièrement des denrées issues de l'agriculture biologique. Ce texte s'inscrit dans la logique du Grenelle de l'environnement, qui est d'atteindre en 2012, une surface agricole utile biologique de 6 %. L'objectif est d'introduire 15 % de denrées issues de l'agriculture biologique dans les menus en 2010 et d'atteindre 20 % en 2012. Cette mesure concerne tous les services de restauration des administrations de l'État et des établissements publics, pour la restauration collective comme les réceptions officielles, et même les contrats en cours par le biais d'avenant.

Pour en savoir plus : http://www.droit.org/jo/20080520/PRMX0811950C.html

 

1.2. Textes officiels

- Enjeux de santé publique, Ministère de la Santé. Voir annexe 1.

- Objectifs nutritionnels prioritaires, Programme National Nutrition-Santé. Voir annexe 2.

- Besoins nutritionnel des enfants et éducation au goût, Ministère de l'Education National. Voir annexe 3.

 

1.3. Un fruit pour les loisirs

Le 23 juin 2008, le Ministre de l'Agriculture lance l'opération " Un fruit pour les loisirs" (http://agriculture.gouv.fr). Peut-être le centre de loisirs de l'Union proposera-t-il des fruits au lieu des viennoiseries habituelles cet été pour les collations?


2. Les objectifs à concilier

 

La demande des parents est d'arriver à concilier les objectifs suivants:

- des menus équilibrés nutritivement

- dans le respect de l'environnement

- des ingrédients bons pour la santé

- des plats bons au goût, qui plaisent aux enfants

- à un prix raisonnable (sans augmentation de tarif)

 

2.1. Equilibre nutritionnel:

-  Davantage de légumes secs à cause de leur apports en fer, calcium, sels minéraux et protéines

-  Plus de céréales complètes riches en fibres, en sels minéraux, en vitamines (pâtes complètes, riz complet, semoule complète, pain complet, quinoa)

-  Limiter le gras (éviter cheeseburger + frites + glaces le même jour)

-  Limiter le sucre

2.2. Respect de l'environnement

-  Privilégier les fruits et légumes LOCAUX et DE SAISON (Tarn et Garonne, Tarn, Haute Garonne…)

-  Privilégier les circuits de distribution courts, ex: directement du producteur, AMAP…

-  Pour les produits d'importation (riz, chocolat, quinoa, haricots rouge…) favoriser les produits issus du commerce équitable (bio pour la plupart), surtout pendant la Quinzaine du Commerce équitable.

-  Eviter de s'approvisionner avec des produits ou distributeurs éloignés: pollution engendrée par le transport, coût du transport et des intermédiaires, perte de vitamines durant le trajet, fruits et légumes cueillis avant maturité pauvres en goût et en nutriments, conservation en chambre froide chère et destructrice de goût.
F
Chaque fois que l’on consomme 1 kg de fruits ou de légumes de contre-saison, transportés par avion de l’hémisphère sud, on est responsable de l’émission de 15 kg de CO2, autant que lorsque l’on fait 100 km avec une voiture moyenne.
Lorsque l’origine est locale et que les produits sont cultivés en plein air, les émissions sont 50 fois plus faibles.
FLes serres géantes d'Almeria en Espagne fournissent des tomates et courgettes toutes l'année à nos supermarchés, mais consomment énormément d'énergie, rejètent des quantités énormes de nitrates dans la mer, alimentent le trafic de camions et utilisent souvent une main d'œuvre de clandestins pratiquement réduits en état d'esclavage…

2.3. Des ingrédients bons pour la santé

-   Privilégier les produits bio, ou produits élaborés dans le respect de l'environnement

-   Privilégier les produits de qualité, avec des labels. Ex: viandes et fromages Label Rouge.

-   Utiliser au maximum des produits frais, et non en conserves, comme c'est le cas aujourd'hui (ce qui implique de travailler en flux tendus et peut engendrer quelques écarts entre les menus affichés et les menus servis).

2.4. Des plats bons au goût, qui plaisent aux enfants

-   C'est déjà très bon!

-   Chercher des recettes faciles à apprécier au début

-   Demander des idées de menus aux parents ou aux élèves à travers un sondage

-   Travailler en partenariat avec les enseignants, faire intervenir la CAF ou l'Agence Régionale Pour l'Environnement pour sensibiliser les élèves.

2.5. Prix raisonnable

-  Le tarif de la cantine de l'Union étant déjà élevé (2,90€ le repas plein tarif), il semble exclus d'en augmenter le prix.
.
A Pamiers le repas coûte 1,75€, pour du tout bio local
. A Lons Le Saunier, le repas coûte 2,90€ hors CLAE, pour du tout bio local

-  Des économies peuvent être cherchées:
.
limiter les gaspillages,
.
diminuer les quantités de viande et de poisson.
L'Agence Régionale Pour l'Environnement recommande 1 repas "alternatif" par semaine, fait d'une combinaison de légumineuses + céréales: c'est aussi riche en protéines, mais beaucoup moins cher, et apporte en plus des fibres, des sels minéraux, des oligo-éléments et des vitamines.
.
élargir les fournisseurs de produits bio: faire appel à une centrale d'achats locale ou passer directement par des producteurs locaux
. Proposer plus de produits bio de façon transversale, pas forcément lors de menus bio à 100%, car c'est beaucoup plus cher. Exemple: le pain, la salade, le fromage pourraient être systématiquement bio dans chaque menu.

3. Comment y parvenir?

3.1. Communiquer pour réussir

-   Sur le site internet de la mairie

-   Actions avec les enseignants, l'ARPE, les parents d'élèves: dégustations, menus à thème, Semaine du goût, Quinzaine du Commerce équitable…

-   Faire un reportage photo de la cuisine (voir site de Lons-le Saunier), avec la Dépêche?

-   Le projet "cantine de terroir" de Pamiers, lancé en 2000, fait partie de la démarche Agenda 21 de la ville.

3.2. Former le personnel de la cantine si besoin

-   Recherche de producteurs ou de centrales d'achats bio locales

-   Nouvelle organisation du travail: davantage d'épluchage de légumes…

-   Extrait du BO du 28/06/2001 (annexe 3) "Il est recommandé d'utiliser des produits basiques et simples mais si l'on utilise des produits transformés, il convient d'être vigilant quant à leur composition, notamment en ce qui concerne leur apport protidique et lipidique. L'étiquetage de ces produits et notamment leur valeur nutritionnelle doivent être pris en compte en fonction des besoins identifiés précédemment. Une formation devra être mise en place pour les personnes responsables des achats."


3.3. Financement et aides:

Le Guide de l'ARPE consacre son chapitre 5, page 23, au financement du projet et donne les conseils suivants:

-  acheter et préparer les justes quantités, éviter le gaspillage

-  remplacer les viandes par une combinaison de céréales + légumineuses 1 fois par semaine.

-  Si le projet s'inscrit dans un projet de développement territorial global, il est possible de solliciter un financement dans le cadre du Contrat de Plan Etat / Région (CPER)

-  Ou dans le cadre de l'objectif 2 de l'Union Européenne (DOCUP)

 

Annexes

 

Annexe 1: Extrait du Programme National Nutrition-Santé PNNS 31 janvier 2001 - 2005

Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports

http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/34_010131.htm#nutrition

 

[..] Il est aujourd’hui parfaitement établi que l’alimentation et l’état nutritionnel participent de façon essentielle au développement et à l’expression clinique des maladies qui sont aujourd’hui les plus répandues en France, comme dans l’ensemble des pays industrialisés :

 

Les maladies cardiovasculaires sont aujourd'hui la première cause de mortalité en France (32 % des décès), à l’origine de près de 170 000 décès chaque année.

Les tumeurs malignes représentent 29 % de l’ensemble des décès chez l’homme et 23 % chez la femme. Le nombre de nouveaux cas est estimé à 240 000 par an.

L'obésité concerne 7 à 10 % des adultes et 10 à 12,5 % des enfants de 5 à 12 ans. Sa prévalence augmente, chez les enfants, de façon dramatique depuis quelques années.

L'ostéoporose, à l'origine d'une fragilité osseuse exposant les patients à un risque de fractures concernerait 10 % des femmes à 50 ans, 20 % à 60 ans et 40 % à 75 ans.

La prévalence du diabète, tous âges confondus, est estimée à 2-2,5 %.

Près d’un adulte sur 5 présente une cholestérolémie supérieure à 2,50 g/l.

En dehors de leurs conséquences sur le plan humain, ces pathologies ont un coût économique considérable: les coûts directs et indirects des cardiopathies ischémiques ont été estimés à 30 milliards de francs/an ; ceux attribuables à l’obésité atteindraient près de 12 milliards de francs/an.

 

A contrario, l’équilibre nutritionnel, une consommation variée, avec une répartition satisfaisante des quantités ingérées permettent, par la consommation régulière d’aliments et de plats largement disponibles en France, de préserver un bon état de santé et la qualité de vie. [..]

 

Annexe 2: Objectifs nutritionnels prioritaires en terme de Santé Publique

 

[..] Augmenter la consommation de fruits et légumes.

 

Augmenter la consommation de calcium .

Réduire de 25% le nombre des personnes ayant des apports calciques en dessous des Apports Nutritionnels Conseillés , tout en réduisant de 25% de la prévalence des déficiences en vitamine D.

 

Réduire les apports lipidiques à moins de 35% de l’apport énergétique journalier.

Augmenter l’apport glucidique à plus de 50% de l’apport énergétique journalier, en particulier l’apport en fibres de 50%

Réduire de 25% l’apport en sucres simples

 

Réduire de 5 % la cholestérolémie moyenne des adultes

Réduire de 10 mm de Hg la pression artérielle systolique des adultes

Réduire de 20 % la prévalence du surpoids et de l'obésité (Indice de Masse Corporelle (IMC) > 25 kg/m²) chez les adultes.

Interrompre l’augmentation de la prévalence de l’obésité chez les enfants

 

Augmenter l'activité physique journalière de l’équivalent d’une demi-heure de marche rapide supplémentaire par jour.

La sédentarité étant un facteur de risque de maladies chroniques, doit être combattue chez l’enfant [..]

 

Annexe 3: Bulletin Officiel du ministère de l'Education Nationale 28 juin 2001

http://www.education.gouv.fr/bo/2001/special9/default.htm

RESTAURATION SCOLAIRE

COMPOSITION DES REPAS SERVIS EN RESTAURATION SCOLAIRE ET SÉCURITÉ DES ALIMENTS

1 - LES BESOINS NUTRITIONNELS DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS

...Le Conseil national de l'alimentation, dans son avis n° 18 du 30 septembre 1997 sur la restauration scolaire, a proposé de prendre en compte les critères suivants compte tenu de leur importance pour la santé publique :

- taux de lipides,

- taux de protéines,

- teneur en fer,

- teneur en calcium.

...

Le repas de midi doit donc apporter :

pour les élèves de maternelle :

8 g de protéines de bonne qualité, 180 mg de calcium, 2,4 mg de fer ;

pour les élèves de l'école élémentaire :

11 g de protéines de bonne qualité, 220 mg de calcium,2,8 mg de fer ;

pour les adolescents :

17 à 20 g de protéines de bonne qualité, 300 à 400 mg de calcium, 4 à 7 mg de fer.

En résumé, les objectifs nutritionnels sont de diminuer les apports de lipides et d'augmenter ceux de fibres, de fer et de calcium.

Il importe également que tout soit mis en œuvre pour que les repas proposés, tout en répondant à ces recommandations nutritionnelles, conviennent aux élèves et soient effectivement consommés.

 

2 - L'ÉDUCATION NUTRITIONNELLE, L'ÉDUCATION AU GOÛT

 

Les enfants ne prennent en général dans le cadre scolaire qu'un nombre restreint de leurs repas annuels ; l'école ne peut donc à elle seule assurer l'équilibre alimentaire des enfants. En revanche, elle peut assurer une formation élémentaire du goût, en multipliant les occasions de découverte et une éducation nutritionnelle en expliquant la nécessité de la diversité alimentaire et les inconvénients des stéréotypes. Il n'est pas question de favoriser un modèle déterminé, même s'il a la faveur des élèves, mais de montrer que la diversité des modèles dans des cultures différentes répond à des choix ancestraux justifiables.

Dans ce souci de libérer la créativité des cuisiniers et des gestionnaires, les nouvelles recommandations visent à ne conserver comme contraintes que ce qui est rigoureusement indispensable. On peut couvrir les besoins des élèves avec de nombreuses combinaisons alimentaires. Aucun schéma unique ne s'impose.

L'aspect éducatif du repas est peut-être trop souvent oublié ou négligé. Il est bon d'en souligner l'intérêt chez les jeunes enfants qui peuvent acquérir tôt des notions simples sur les principaux aliments, en même temps qu'un bon comportement alimentaire.

En effet, les habitudes alimentaires s'acquièrent dès le plus jeune âge. Il est donc important de commencer l'éducation nutritionnelle quand les comportements et les attitudes n'ont pas encore été établis. L'école joue un rôle important, notamment dans l'éveil au goût chez les élèves. Elle doit les aider, en complémentarité avec les familles, à choisir leurs propres aliments chaque fois qu'ils peuvent le faire en dépit des tendances, des médias et des traditions et leur faire connaître les effets de l'alimentation sur leur santé.

L'éducation nutritionnelle à l'école doit être reliée à la vie sociale et tenir compte des différentes cultures. Il ne faut pas oublier que le goût s'apprend. Il se forme, s'éduque, s'acquiert et ceci tout le temps, tout au long de la vie et dans un contexte culturel et sociologique donné. Il est également une possibilité de point d'ancrage et de point de départ pour toute une série d'activités.

Le repas de midi n'est pas seulement la prise de nutriments ou de calories. C'est aussi le moment où les élèves, après l'attention du matin, se détendent et où les échanges sociaux sont favorisés.

L'alimentation est nécessaire physiologiquement, indispensable au bien-être et à la santé, mais elle ne doit pas être vécue uniquement comme une obligation. Elle doit devenir un moment privilégié de découverte et toujours rester un moment de plaisir.

Il serait souhaitable d'organiser autour de l'alimentation des animations dont les grands axes pourraient être :

- d'éduquer le goût des élèves, valoriser le patrimoine culinaire et promouvoir des produits de bonne qualité gustative et nutritionnelle ;

- de mettre en avant un vocabulaire précis concernant les saveurs, surtout auprès des enfants qui font des confusions afin qu'ils soient capables de définir clairement leurs sensations ;

- d'expliquer les secrets de fabrication des aliments et leur composition ;

- de déguster des spécialités de pays ;

- de découvrir les odeurs, les épices et les essences.

Il importe d'impliquer tous les personnels de l'école ou de l'établissement ainsi que les familles dans cette démarche d'éducation.

Il est en particulier recommandé d'utiliser le temps d'interclasse de midi [CLAE] pour organiser des ateliers d'expression artistiques et culturels consacrés à l'éducation du goût, avec le concours possible d'intervenants extérieurs qualifiés, sans que cela ne conduise à écourter le temps de la prise alimentaire. Ces actions peuvent être également développées à d'autres occasions de la vie scolaire dans le cadre du projet d'école ou du projet d'établissement, lors des cours ou à l'occasion d'activités ou d'animations diverses. [..]

 

Annexe 4: Recherche de producteurs bio locaux

-  la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France: http://www.fnab.org

-  le SYNABIO, le SYndicat NAtional des transformateurs de produits naturels et de culture BIOlogique: http://www.synabio.com

-  L'Agence BIO est un groupement d'intérêt public en charge du développement et de la promotion de l'agriculture biologique: http://www.agencebio.org

-  Le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche: http://agriculture.gouv.fr

-  Etc…

 

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