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Pour les petits Unionais, enfants de la ville de L'Union 31240. Association Vélo pour améliorer les pistes cyclables. Petites randonnées en poussette, en vélo, ou à pied. Pour une cantine scolaire de qualité, privilégiant les produits locaux, de saison et bio.

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Les abeilles au jardin, un danger pour nos enfants ?

Quel risque de se faire piquer par une abeille ?
Fini l'hibernation, les abeilles sont de retour. Et parfois l'inquiétude des parents aussi !
Bien des parents sont anxieux de voir leurs enfants jouer à côté des abeilles. Un simple bourdonnement déclenche parfois des réactions de panique chez certaines personnes, avant même de savoir s'il s'agit d'une grosse mouche, d'une abeille, de guêpes… Et si mon enfant se faisait piquer ? Et s'il était allergique ?

Où est le vrai danger ? Une piqûre d'abeille ? ou l'empoisonnement sournois par les pesticides ?

Rassurez-vous, pas plus de 5% des gens sont allergiques aux piqûres d'abeilles… à peu près autant que de personnes hypersensibles aux ondes électromagnétiques ! Les parents anxieux ont-ils pour autant supprimé les téléphones portables, wifi et fours à micro ondes du voisinage de leur enfant? Trop souvent non ! Les piqûres de tiques sont bien plus dangereuses car elles peuvent transmettre des maladies graves. On en parle pourtant peu. La peur des insectes bourdonnant montre plutôt une méconnaissance grandissante des choses de la nature, qui inéluctablement entraîne l'incompréhension et la peur.

 

Tout d'abord, les abeilles sont d'infatigables travailleuses. Celles qui bourdonnent dans nos jardins sont chargées de récolter le nectar des fleurs pour en faire du miel. Lorsqu'elles piquent, elles sont condamnées à mourir car elles perdent une partie de leur abdomen. Contrairement aux guêpes qui sont carnivores et piquent leurs proies pour les attaquer, les abeilles ne piquent qu'en cas de danger vital pour la colonie: elles sont prêtes à se sacrifier si un prédateur attaque leur ruche (ours, blaireau, homme…). C'est pourquoi la nature les a doté d'une arme plus puissante: le dard et la poche à venin restent dans la victime après la piqûre, ainsi le venin peut continuer à se déverser en fonction des mouvements du malheureux ! Cependant, comme il devient difficile de trouver des plantes mellifères dans nos jardins, les abeilles sont entièrement absorbées par leur quête de pollen. Bref, pour se faire piquer par une abeille, il faut vraiment le vouloir!

 

Le rôle essentiel des abeilles dans la nature

Les abeilles sont involontairement les messagères des amours des fleurs. En butinant, le pollen (cellules sexuelles mâles) se colle à leur corps et va pouvoir féconder des cellules femelles un peu plus loin en se déposant par hasard sur une autre fleur. Elles permettent ainsi aux plantes de former des graines et de se reproduire. Elles sont donc indispensables à la vie. Chaque abeille est en général fidèle à un type de plante (c'est pourquoi elles fabriquent du miel d'acacias, ou de lavandes…). Selon A. Einstein, "Si l'abeille venait à disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre". En effet, les plantes ne pouvant plus se reproduire, ce serait la famine assurée ! Certaines multinationales veulent pourtant nous faire croire que la biotechnologie peut remplacer le travail naturel des butineurs: en vendant sur le marché des semences de synthèse (OGM) étudiées pour être "parfaites": résister aux parasites, pousser vite de façon rentable, donner des produits calibrés au look parfait… Mais ne nous leurrons pas, tous les paysans n'auront pas les moyens de recourir à ces semences coûteuses et stériles chaque année, et la conséquence pour tous sera bien un appauvrissement du vivant, sans parler de la pollution de l'environnement…

A lire: un peu de pédagogie, une histoire de la vie sexuelle des fleurs

 

Invitez les abeilles dans vos jardins !

Si vous voulez protéger vos enfants, cultivez des plantes mellifères et n'utilisez pas de pesticides ! Vous contribuerez ainsi à la sauvegarde des abeilles, à la protection du vivant et à assurer un avenir "vivable" à vos enfants.

Les enfants auront ainsi l'occasion d'observer les abeilles butiner, d'étudier le comportement des insectes "en live". Pas besoin d'acheter des prisons à fourmis chez Nature et Découvertes pour étudier la vie des petites bêtes. Il suffit de laisser vivre ces animaux dans leur environnement naturel et de les observer tranquillement, sans les effrayer.

Abeilles et bombyle 

Pensez à laisser  pousser quelques mauvaises herbes dans votre jardin, ce sont les préférées des butineurs. Ne tondez pas la pelouse trop souvent, et laissez-y le trèfle dont les abeilles rafolent. Plantez des arbres fruitiers plutôt que des conifères, ils feront le bonheur des abeilles et des oiseaux. Préférez les haies aux "murs - prison", c'est plus agréable pour tous. Les haies sont de vrais refuges de biodiversité, à condition d'abandonner les sapinettes et les espèces exotiques. Optez pour le lilas, le sorbier des oiseleurs, le merisier, l'églantier, le lierre, le genêt... Côté fleurs: lavande, thym, romarin, coquelicots, trèfle, bruyère, acacia (robinier)... L'idéal consiste même à planter des fleurs sauvages locales en voie de disparition. Vous luttez ainsi contre la perte de biodiversité !

Pour en savoir plus:

1. L'association Terre d'abeilles, parrainée par Jean-Marie Pelt, informe sur les abeilles, les dangers croissants des produits phytosanitaires, les OGM, et propose plusieurs pistes d'action.

http://www.sauvonslesabeilles.com

2. Le Réseau Biodiversité pour les abeilles propose une liste d'espèces à planter en fonction de votre sol.

http://www.jacheres-apicoles.fr

 

Le miel comme médicament

Connue depuis l'Antiquité, l'apithérapie est tombée aux oubliettes dans nos sociétés modernes. Le miel y est utilisé pour ses vertus antiseptiques, cicatrisantes et anti-inflammatoires. Mais avec la résistance aux anti-biotiques, le miel revient à la rescousse, surtout aux Etats-Unis, Grande Bretagne et Allemagne. En France (très en retard dans ce domaine), le profresseur Descotte du CHU de Limoges a fondé l'Association Francophone d'Apithérapie: http://apitherapie.blogspot.com.

Tout semble bénéfique au royaume des abeilles: gelée royale, propolis, venin (immunoprotecteur, anti-bactérien, radioprotecteur, antirhumatismal, anticoagulant, anti-inflammatoire...), pollen. Il serait regrettable qu'une telle alliée disparaisse de nos régions ! Pourtant il devient déjà difficile de s'approvisionner en miel aujourd'hui: les importations représentent 70% de la consommation française (provenance: Argentine, Espagne, Hongrie, Chine... attention à la qualité et aux arnaques !!!). Qu'attend la France pour protéger ses abeilles ? Sommes-nous devenus fous ?

Lire l'article du Point du 9 avril 2009: Mon médecin est une abeille.

 

Changez d'attitude: abandonnez les pesticides

La phobie des insectes incite parfois certains à vouloir éliminer toute petite vie de nos jardins. On pourrait presque y arriver en répandant régulièrement différents poisons en vente dans les jardineries ("traitement total", "insecticides systémiques"…), et en plantant uniquement des fleurs ornementales qui sont presque toutes stériles, sans nectar, donc sans attrait pour les abeilles…

Est-ce là la solution idéale? N'oublions pas que les sols ont un besoin vital de "petites vies" (vers de terre, microbes…) pour s'aérer, se bonifier, décomposer les matières organiques en créant de l'humus. Les plantes ont un besoin vital des insectes pollinisateurs pour pouvoir se reproduire (elles n'ont pas de jambes !). Chaque fleur a ses "facteurs" attitrés: les bombyles sur les soucis, les abeilles sur le romarin…


Les pesticides ne tuent pas que les insectes dits "nuisibles". Ils touchent aussi les insectes pollinisateurs, ils se déversent dans les cours d'eau et se retrouvent dans l'eau que nous buvons (embouteillée ou du robinet), ils restent stockés dans le sol où ils détruisent les micro-organismes nécessaires à la fertilité…

Nos enfants qui gambadent dans l'herbe, qui respirent au niveau du sol, qui mettent les mains à la bouche sont parmi les premières victimes des pesticides, après les insectes. La toxicité des pesticides est la même sur les humains, c'est pourquoi les agriculteurs revêtent une combinaison de protection intégrale quand ils répandent ces produits (non, ce n'est pas pour aller sur la Lune !) Ils ont simplement lu la notice des produits qu'ils utilisent… Et malgré ces précautions, très nombreux sont ceux qui tombent malades (cancer, stérilité...). Les femmes enceintes qui font du jardinage ne sont peut-être pas aussi bien informées… Pourtant elles risquent gros: leur fœtus est particulièrement sensible à ces molécules chimiques, il aura plus de risque de développer un cancer par la suite.

Le principal danger des pesticides provient de la combinaison incontrôlable des molécules chimiques entre elles : "fongicide + herbicide = cocktail explosif, capable de décimer 90% des abeilles en 24h !!!", d'après Natacha Calestremé, réalisatrice du film "Disparition des abeilles, la fin d'un mystère".

Or, les pesticides sont rémanents dans les sols, ils sont lessivés par les pluies et se retrouvent dans 90% des eaux superficielles, les vents dispersent les pollens contaminés à des km... Si un agriculteur utilise 1 produit donné, celui-ci sera forcément combiné aux molécules des produits utilisés antérieurement, même si depuis ils ont été interdits !


De nombreuses initiatives citoyennes voient le jour pour lutter contre l'usage des pesticides en France. Hélas, les enjeux financiers sont tels pour les industriels de la chimie et de l'agroalimentaire, que les décisions ne vont pas dans le bon sens: Cruiser actuellement autorisé, Gaucho et Regent tardivement et partiellement retirés, France 1er utilisateur mondial de pesticides à l'hectare… La faute à notre modèle agricole, mais aussi aux jardiniers amateurs et à la gestion des espaces verts collectifs !

 

Le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures oeuvre pour la défense de l'environnement, en particulier pour promouvoir une agriculture saine et durable, Il informe des dangers sanitaires liés à la pollution par les pesticides en diffusant des informations scientifiques et fait la promotion des alternatives agronomiques.

La colère des apiculteurs

Bien qu'ayant interdit le Gaucho et le Regent en 2004, la France vient d'autoriser un nouvel insecticide systémique "Le Cruiser" (mis au point par Syngenta) qui est utilisé comme enrobage des semences de maïs. Une récente étude menée en Italie a pourtant montré l'extrême toxicité de ces molécules chimiques. Suite à une véritable hécatombe des abeilles, l'Italie vient d'interdire l'usage de toutes les semences enrobées d'insecticides (Gaucho, Regent, Cruiser…). L'Allemagne a aussi interdit le Cruiser. La récente disparition des abeilles correspond à l’arrivée des néonicotinoïdes dont le fameux Gaucho que tout le monde croit interdit mais dont la molécule, l’imidaclopride, est de plus en plus présente dans les sols français. Elle est toujours utilisée pour les céréales, pour la betterave à sucre, pour des fruitiers… sous une vingtaine de marques commerciales. Elle est présente partout. Une étude en 2002-2003 relevait que 60 à 70% des pollens de végétation spontanée contenaient de l’imidaclopride...

En France, 29% des colonies d'abeilles a récemment disparu. Faut-il attendre l'extermination de nos dernières abeilles pour réagir ? Quel éleveur, quelle que soit sa production, survivrait économiquement et psychologiquement à des pertes régulières de son cheptel de l’ordre de 30, 40, et parfois au-delà de 50% ?

Qu'en pense le contribuable qui devra payer les coûts de dépollution des sols et des eaux, et constatera, impuissant, l'explosion des dépenses de sécurité sociale face à un désastre sanitaire ? Qu'en pense notamment la région Bretagne qui doit trouver des millions d’euros pour le programme "Bretagne eau pure" ? Rappelons que la France a été condamnée par Bruxelles à payer 28 millions d'euros d'amende pour la pollution de ses eaux (mer et eaux douces).


La scandaleuse autorisation du Cruiser

Extrait du site de l' ACAP , Action Citoyenne pour une Alternative aux Pesticides :

 

"Le ministre de l'agriculture vient d'autoriser l'utilisation d'une nouvelle semence de mais traitée par l'insecticide systémique dangereux appelé Cruiser dont la matière active est le Thiamethoxam.

 

Même si cette autorisation ne s'étend pas aux mais à consommation humaine et aux lignées mâles destinées à la production de semences, la précipitation de cette décision sous la pression des maïsiculteurs intensifs, des semenciers et des producteurs de produits phytosanitaires sera dommageable pour l'avenir.

 

En effet, la toxicité de cet insecticide est très forte :

- 5 nano grammes* (ng) suffisent pour tuer une abeille.

- En outre, sa toxicité est équivalente à celle du fipronil et de l’imidaclopride dont on connaît les effets délétères sur le rucher français (cf. affaires Gaucho et Regent).

- De plus, des doses de Thiamethoxam aussi basse que 0,5 ng par abeille ont des effets sub-létaux importants. Ainsi, le Thiamethoxam peut entraîner la perturbation du vol de retour à la ruche des abeilles, dont l’une des conséquences peut être l’affaiblissement des colonies.

- Le Thiamethoxam est également persistant dans les sols ce qui permet une éventuelle contamination des cultures suivantes."


 

Pour en savoir plus :

France Inter : "Les abeilles en danger", diffusé le 9 avril 2009 dans l'émisssion "La tête au carré".

France 5 : "Disparition des abeilles, la fin d'un mystère", diffusé mardi 14 avril 2009.

Sciences et Avenir : le numéro d'avril 2009 propose en DVD le documentaire diffusé sur France 5. Extraits en ligne.

Sciences et Avenir : le numéro d'avril 2009 : "Les abeilles ont besoin d'un plan d'urgence".

Vidéo NouvelObs : Présentation du film "Disparition des abeilles, la fin d'un mystère".


 

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