| Boire l’eau du robinet est sans doute plus pratique et moins cher que boire de l’eau en bouteille (l’eau du robinet coûte en moyenne 2€ le m3 en France; 150€/m3 pour l'eau en bouteille dont 80% pour l'emballage). Mais c’est surtout plus respectueux de l’environnement: - réduit les déchets, - réduit la production d’emballages, - réduit les gaz à effet de serre liés au transport des bouteilles en camion Cependant, l’eau du robinet est-elle toujours bonne pour ma santé ? |
Analyse et normes :
L’eau est le produit alimentaire le plus contrôlé. 63 critères sont suivis: la qualité micro-biologique, la qualité chimique, la qualité organoleptique (saveur, odorat…).
Les paramètres de qualité de l'eau et les normes correspondantes sont définis par le Décret n° 2007-49 du 11 janvier 2007.
Ces contrôles permettent de détecter :
- Les substances indésirables (nitrates, pesticides, chlore, plomb et calcaire)
- Les substances aux effets toxiques
Les analyses de l’eau sont accessibles au public: auprès de sa mairie, régulièrement sur sa facture d’eau, et sur les sites des DASS* et DRASS.
Ces analyses montrent que l’eau du robinet est d’une bonne qualité globalement en France.
=> Comment se positionne l’eau de l’Union ?
Il serait utile que la mairie publie sur son site internet :
- l’analyse de la qualité de l’air en temps réel, fourni par l’ADEME (ORAMIP en Midi-Pyrénées)
- l’analyse de la qualité de l’eau du robinet à L'Union (fiche DASS*)
Voici un tableau comparatif de la qualité de l’eau dans différentes villes de France : | Villes | Nitrates | Minéralité | Remarques |
| L'Union (31) | 6 mg/l | 12°F peu calcaire | Très chloré. Origine: eau superficielle |
| Saint Brieuc (22) | 35 mg/l | Peu dure (20°F) | Trop de fer, turbidité mauvaise |
| Quimper (29) | 31 mg/l | 10°F très peu calcaire | |
| Gommerville (28, Beauce) | 89 mg/l | | Déconseillée aux enfants et femmes enceintes |
| Versailles (78) | 14 mg/l | eau calcaire (31°F) | Origine: eau souterraine |
| Auch (32) | 15 mg/l | 14°F peu calcaire | Origine: eau superficielle |
| Gavarnie (65) | 1,2 mg/l | 9°F très peu calcaire | |
| Clermont-Ferrand (63) | 8 mg/l | 7°F très peu calcaire | |
Le taux de nitrates maximum est de 50 mg/l selon la norme. Au-delà de 100mg/l, l'eau est impropre à la consommation.
Il est très rare de trouver des bactéries et des pesticides dans les eaux du robinet en France, c'est pourquoi, ces critères n'apparaissent pas.
La minéralisation de l'eau est un facteur important pour estimer la teneur en plomb de l'eau du robinet, puisque le plomb des tuyaux se dissout facilement dans une eau peu minéralisée. On distingue aisément les zones d'agriculture intensive (Bretagne et Beauce, où les taux de nitrates sont importants). L'Union se situe presqu'aussi bien que des zones préservée en montagne.
L’eau distribuée à l’Union est donc de très bonne qualité comparativement. L'eau ne contient quasiment pas de nitrates et de pesticides. Cependant, 2 indicateurs sont à surveiller: les taux de chlore et de plomb, qui ne figurent pas sur les fiches d'analyses.
Le chlore :
L’eau potable de l’Union provient d’eau superficielle (et non souterraine): le canal latéral de la Garonne. Pour l’assainir, le traitement recourt au chlore. Le dosage se fait manuellement tous les 4 jours sur notre commune. Or, il faut davantage de chlore pour traiter l’eau quand la température est élevée. Donc quand la température baisse brutalement, le dosage en chlore est trop élevé. Il faut attendre 4 jours pour le rectifier…
Astuce : remplissez des carafes d’eau à l'avance, de préférence le soir (avant que l’eau ne refroidisse trop) et laissez tout simplement le chlore s'évaporer. Le goût du chlore s’estompera. Ne pas stocker l'eau en carafe pendant des semaines ! Quelques heures suffisent... Aucune norme ne régit le taux de chlore. Il est possible de filtrer l'eau chez soi, plusieurs solutions existent (filtre à charbon...).
Le plomb : un réel problème
Depuis décembre 2003, la norme limite à 25 µg/l la teneur de plomb dans l'eau du robinet. Elle était, jusqu'alors, fixée à 50 µg/l. La directive européenne du 03/11/1998 transposée en droit français par le décret du 20/12/2003 prévoit que cette norme soit abaissée à 10 µg/l à partir de décembre 2013. Un vrai défi pour la France !
La teneur en plomb varie en fonction de 2 critères :
- l’état des tuyauteries (les anciens tuyaux privés et certains branchements publics sont en plomb)
- les propriétés de l’eau (une eau peu minéralisée, peu calcaire favorise la dissolution du plomb dans le tuyau).
Préconisations du Ministère de la Santé :
"Laisser couler l'eau avant de l'utiliser pour la boisson ou la cuisine : quelques minutes après une nuit ou un week-end lorsque l'eau a stagné longtemps dans les tuyaux ; quelques secondes dans le courant de la journée.
Cependant, en présence de ces canalisations, il est conseillé aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge de consommer de l’eau embouteillée.
De même, les commerces ou entreprises alimentaires et les cantines, ne doivent utiliser l’eau du réseau pour la boisson et pour la fabrication des denrées alimentaires qu’après un écoulement prolongé, correspondant à la contenance des canalisations internes à l’établissement."
=> Quel est l'état des canalisations à l'Union et dans les groupes scolaires?
=> Les dames de service et les animateurs du CLAE ont-ils été formés à laisser couler l'eau?
Bien que l’eau de l’Union présente très peu de nitrates au robinet après traitement, ceux-ci ont envahi quasiment toutes les eaux de France. Un exemple :
Les nitrates sont partout : le cas de Vittel
Les eaux en bouteilles et mêmes les eaux thermales peuvent contenir des nitrates ! En fonction de la géologie des sols et de la météo, les polluants s’infiltrent dans les sols, stagnent ou se transforment dans les nappes souterraines. Les sources de captage des eaux minérales sont donc aussi contaminées, mais ne sont pas traitées…
Dès 1971, Vittel ayant remarqué que le taux de nitrate de ses sources augmentait d’années en années, a demandé à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) de lancer un programme de recherche scientifique. L’INRA a étudié le lien pouvant exister entre les pratiques agricoles autour de la zone de captage et la qualité de l’eau. En 1989, l’étude a bien démontré qu’une corrélation existait. De nouvelles pratiques ont été proposées aux agriculteurs pour aller vers une agriculture durable et préserver les sources de Vittel.
Aujourd’hui, les agences de l’eau tentent de protéger les zones autour des sources de captage dans toute la France, mais elles sont loin d’avoir atteint tous leurs objectifs.
Protection des captages:
La protection des captages est largement insuffisante en France. Pourtant un décret avait fixé en 2001 des normes pour la qualité de l’eau du robinet mais aussi pour celles des eaux brutes utilisées en amont. Le code de santé publique définit 3 zones de protection: immédiate (très stricte, mais seulement sur quelques m2), rapprochée (1 à 10 ha selon le type de sol et les caractéristiques hydrogéologiques) et éloignée (facultatif).
Aujourd’hui, les agences de l’eau tentent de mettre en œuvre ces protections, mais elles sont loin d’avoir atteint tous leurs objectifs, faute de moyens, et en raison de conflits sur les propriétés privées et publiques. Dans le bassin Adour Garonne, environ 40% des captages sont protégés, et l’objectif est d’atteindre le rythme de 250 protections de captages par an.
La loi sur l’eau de 1993 donnait 5 ans aux pouvoirs publics et collectivités locales pour mettre en place les périmètres de protection de tous les captages. Cependant, 10 ans après, tous les périmètres de protection obligatoires ne sont pas en place ! En 2006, moins de 50% des captages sont protégés… Le Plan national Santé - Environnement revoit ces objectifs : protection de 80% des captages pour 2008 et 100% en 2010.
New-York et Munich : de l’eau sans traitement chimique
Pourtant d’autres modèles sont possibles. Les villes de New-York et Munich ont choisi de d’éliminer la pollution à la source, plutôt que d’instaurer de coûteuses usines de purification. Résultat: le coût est faible pour une excellente qualité de l’eau. Bien sûr, cela s’accompagne de fortes contraintes sur la gestion des sols.
Munich protège ainsi ses captages d’eau potable dans la vallée du Mangfall, en achetant systématiquement les terrains concernés, et en y installant des exploitations d’agriculture biologique. Les contraintes sont fortes, mais en échange, le service des eaux de la ville participe à la promotion des produits bio du Mangfall. Au total, ce sont 6000 ha de terres agricoles et de forêts qui constituent aujourd’hui la zone de protection des sources d’eau potable à Munich. On est loin des 1 à 10 ha de périmètres de protection rapprochée obligatoire en France !
New York a choisi, dans les années 90, d’utiliser la forêt proche pour filtrer naturellement son eau potable. L’enjeu était de taille : fournir chaque jour 5,3 millions de litres d’eau potable aux 9 millions de new-yorkais. Il aurait fallu 8 milliards de dollars pour la construction d’usines de purification. La stratégie d’achat et d’exploitation des terres agricoles et forestière du bassin hydrographique des monts Catskill et du fleuve Delaware aura coûté 1,5 milliards de dollars. Il est largement moins coûteux et plus naturel d’empêcher la pollution à la source plutôt que de traiter une eau polluée.
Pour en savoir plus, Le Petit Unionais vous recommande :
 Le livre de Jean-Marie Pelt "C’est verte et ça marche" |  La série "La terre vue du ciel" de Yann Arthus Bertrand sur France 2 avec la dernière émission: "Pour que vivent les grands fleuves", disponible en DVD. |
Le prix de l’eau: le paradoxe français
La France a choisi de dépenser des sommes importantes dans le traitement des eaux pour la rendre potable, alors que curieusement les Français sont les 1ers buveurs d’eau en bouteille au monde. Des multinationales de l’agro-alimentaire, comme Danone et Nestlé, pesant lourd dans l’économie française, et usant d’un marketing très efficace, ont convaincu les Français que les eaux en bouteilles avaient toutes les vertus : rendre jeune, tonique, sportif, beau, mince, sain, etc. La France est en effet le 1er producteur d’eau en bouteille au monde… Cependant, la tendance s’inverse en 2007 : la consommation d’eau du robinet augmente enfin ! Les Français sont peut-être devenus sensibles au respect de l’environnement…
Il faut aussi rappeler qu’historiquement, la Compagnie Générale des Eaux (alias Vinci, alias Veolia) était championne du monde dans ce domaine, et s’entendait parfois avec son unique concurrent (la Lyonnaise des Eaux, alias Suez) pour se répartir ce marché juteux. Résultat : l’eau du robinet est de bonne qualité en France, mais à quel prix !
Il faut également comprendre que la PAC, Politique Agricole Commune, oblige les agriculteurs à suivre des pratiques productivistes sans aucun respect de l’environnement. Les eaux doivent donc absolument être traitées avant d’être bues. Et le prix de l’eau n’est pas prêt de baisser ! Les factures d’eau ont même doublé en 15 ans dans le bassin Adour-Garonne. Il faut en effet changer les canalisations en plomb pour atteindre la norme européenne en 2013. Il faut traiter de plus en plus contre les pesticides, qui ont déjà pollué 61% des nappes phréatiques et 96 % des eaux de surfaces. L’assainissement représente 42% du coût de la facture d’eau! Pour en savoir plus sur l'eau:
Le portail de l'eau en France, site officiel: http://www.eaufrance.fr :
Ministère de l'écologie et du développement durable:
Les agences de l'eau en France: préservent et gèrent les ressources en eau
L'agence de l'eau Adour Garonne
DRASS Midi Pyrénées: Eaux potables
DDASS Haute -Garonne: Eaux potables, analyses par commune
Le Centre d'Information sur l'Eau
Journée mondiale de l'eau, le 20 mars 2008
Les exploitants, chargés de distribuer l'eau:
* DDASS: Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales